GT TE : le groupe de travail Transition Écologique
Prix Transition Ecologique des RUGC
Depuis 2022, le prix de la Transition Écologique met en avant les travaux de recherche en Génie Civil menés en faveur de la Transition Écologique et de leur diffusion au sein de la communauté du Génie Civil. Lors du processus de reviewing des articles soumis aux RUGC, 6 à 12 articles sont sélectionnés pour être présentés dans une session dédiée. Ce concours est doté d'un prix qui est remis lors du diner de Gala des RUGC.
Lauréats du Prix TE
2022 : Annabelle MOATTY et Franck TAILLANDIER SFILIGOÏ, INRAE
Un jeu sérieux fondé sur un modèle Agent pour sensibiliser aux Solutions fondées sur la Nature pour gérer les inondations (lien)
De nombreux travaux (projets, articles, etc.) ont démontré l’intérêt des Solutions fondées sur la Nature (SfN) pour réconcilier prévention et développement durable, en particulier dans un contexte de changement climatique. Cependant, leur mise en œuvre concrète soulève notamment le problème de la réception sociale et de l’appropriation de ces infrastructures par les différents acteurs. Cela induit la nécessité d’inscrire les SfN dans une vision globale, participative et intégrée de la gestion des risques. L’enjeu est donc d’accompagner les différents acteurs dans un processus d’aide à la décision. C’est là le défi que s’est fixé le projet MANA qui vise à concevoir une démarche, un modèle et un outil, permettant de sensibiliser les parties prenantes aux SfN pour gérer le risque inondation. Pour cela, nous proposons la combinaison de deux approches : la modélisation Agent et le jeu sérieux. Le projet MANA donnera lieu à des expérimentations avec différentes collectivités.
2023 : Tiffany DESBOIS, Julien CRAVERO, Adélaïde FERAILLE, Cerema/Université Gustave Eiffel , Navier/ Ecole des Ponts
Principes méthodologiques de l‘outil CIOGEN : Calcul des Impacts des Ouvrages de GENie civil (lien)
Les questions environnementales sont de plus en plus présentes dans notre quotidien depuis l’accessibilité à la ressource jusqu’aux différentes formes de pollutions toujours plus nombreuses et diversifiées. L’urgence climatique implique les politiques publiques dans une démarche de réduction des émissions carbonées et des consommations des ressources fossiles. Cependant la mise en pratique du calcul de ces grandeurs interroge. La méthode qui se détache, par son caractère multi-étapes et multi-critères, visant à représenter l’ensemble des impacts que les activités humaines exercent sur les écosystèmes, est l’Analyse de Cycle de Vie (ACV). Cette méthode nécessite une expertise, empêchant une démocratisation de son utilisation. Le recours à un outil devrait permettre de faciliter l’usage de cette méthodologie sur un domaine précis.
Dans le domaine des ouvrages d’art, un outil d’ACV a été développé en Europe du Nord. Les spécificités du génie civil français et le besoin d’une évaluation à différents stades de la vie du projet ne permettent pas son appropriation par les acteurs français.
L’outil CIOGEN pour Calcul des Impacts des Ouvrages de GENie civil a pour objectif de calculer les impacts de la construction d’un ouvrage d’art lors de trois phases du projet : l’avant-projet, l’appel d’offres et la réception de chantier. Le présent article décrit les principes méthodologiques de cet outil en abordant entre autres les questions de pertinence des données, de mise à jour et de représentativité.
2024 : Guillaume DELANNOY, Frédéric BECQUART, Liselotte TINEL, Christelle HUGUET, Stéphane LEPOCHAT , FRD/ Codem / IMT Nord Europe / LGCgE
Étude des possibilités de fin de vie du béton de chanvre (lien)
Le béton de chanvre est un matériau isolant utilisé depuis plus de 35 ans et avec une durée de vie estimée entre 50 et 100 ans. Malgré l’absence de gisement en déconstruction, il est essentiel d’anticiper la fin de vie de ces produits pour améliorer sa FDES et mieux écoconcevoir les formulations à venir. L’objectif du projet ValoBBio est d’apporter de premiers éléments autour des possibilités de déconstruction, de tri et de traitement, mais aussi autour de caractérisations, d’étude de faisabilité technique et des impacts environnementaux associés aux différents scénarios testés.
À partir de deux cas d’école avec des liants et des systèmes constructifs différents, l’étude présentée a testé des scénarios de recyclage, de valorisations organiques et énergétiques. Il apparait que des scénarios comme le recyclage ou la méthanisation sont prometteurs, quand la valorisation énergétique ou le compostage serait à écarter. D’autres pistes sont à l’étude, tout comme la mesure de l’impact environnemental de ces scénarios
2025 (ex aequo) :
Quentin NESTELHUT, Cécile DILIBERTO, Essia BELHAJ, Université de Lorraine
Influence des paramètres de calcination des boues papetières à l’échelle laboratoire et comparaison avec la calcination à l’échelle pilote (lien)
L’utilisation de coproduits industriels dans la production de béton et de liant hydraulique routier est l’un des enjeux majeurs de la transition écologique du BTP. Dans cette optique, l’utilisation de boues de papier calcinées a déjà été prouvée. Cependant, l’étude de la calcination pose un problème d’échelle : il est difficile, en laboratoire, de reproduire les conditions de calcination de l’industrie. Les variations d'échelle résultent principalement de l’utilisation par les professionnels de dispositifs de calcination à grande échelle, tels que ceux utilisant la calcination flash, qui ne peuvent être réduits en taille tout en conservant leurs performances optimales. Pour comparer ces deux approches, des boues de papier calcinées à l’échelle laboratoire, dans un four à moufle, seront donc étudiées, et elles seront comparées à des boues de papier calcinées par un calcinateur assimilable à un calcinateur flash. Pour rapprocher les résultats de ceux obtenus en milieu industriel, les paramètres de calcination (température, durée de calcination, granulométrie du matériau) seront ajustés, tout en veillant à minimiser les altérations indésirables des matériaux calcinés industriellement, telles que la carbonatation ou l'hydratation. Toutes les boues seront caractérisées par ATG couplée DSC, DRX quantitative et qualitative, FRX, mesure de la masse volumique.
Julien CRAVERO, Florence JACQUINOD, Charlotte ROUX, Adélaïde FERAILLE, Université Gustave Eiffel, Mines de Paris, Navier/ENPC
Utilisation de géodonnées pour la thermique du bâtiment et l’analyse de cycle de vie : prise en compte des masques solaires (lien)
Les impacts environnementaux de projets urbains peuvent être évalués par la méthode de l’analyse de cycle de vie (ACV) dans un objectif d’écoconception. Il ressort d’études ACV ayant pour périmètre un quartier que les bâtiments – et, en particulier, les consommations énergétiques (chauffage, climatisation) durant leur phase d’usage – sont d’importants contributeurs aux impacts du quartier. Pour évaluer plus précisément ces consommations, que ce soit à l’échelle du bâtiment, du quartier, voire de la ville, de nombreuses données géonumériques sont disponibles sur l’ensemble du territoire. Elles peuvent nous apporter des informations susceptibles d’améliorer notamment les simulations thermiques dynamiques (géométrie du relief, de la végétation, du bâti, réseaux, matériaux constituant les différentes facettes du quartier, etc.). Ici, nous analysons spécifiquement l’effet des masques solaires (bâti et végétation) sur les consommations énergétiques des bâtiments, le confort thermique à l’intérieur de ceux-ci et en conséquence sur leur évaluation environnementale. Plusieurs méthodes de génération des masques, à partir de différentes bases de données de l’IGN (BD TOPO, LIDAR HD, MNS corrélés), de résolutions variées, sont alors comparées, afin d’éclairer les compromis à faire entre automatisation des études, temps de calcul et précision souhaitée des résultats.